18 août 2017

Calculer la distance d'arrêt en cas de chute en 4 étapes!

Calculer la distance d'arrêt en cas de chute en 4 étapes!

Que ce soit en travaillant dans une nacelle, sur un échafaudage ou pour tout autre type de travail en hauteur, le système antichute n'est d'aucune aide si le dispositif permet d’atteindre le sol avant d’arrêter la chute. Bien que cela semble évident, on voit malheureusement trop souvent des systèmes antichute mal adaptés.  

La source du problème se trouve habituellement dans un manque de formation ou de solution développée sans l’aide d’une personne qualifiée. Lorsqu’on fait une erreur de calcul dans la distance d’arrêt, le résultat est toujours le même: des blessures ou la mort.

Plusieurs travailleurs ne comprennent pas complètement comment un système antichute fonctionne et n’ajustent pas leur système en fonction des données réelles selon la situation. Souvent, lorsqu’on additionne la longueur du harnais de sécurité, de la longe, des points d’ancrage et la taille de la personne, la longueur totale est suffisante pour causer des blessures. C’est pourquoi savoir calculer efficacement la distance de chute et assurer le dégagement nécessaire est primordial. 

Les composantes d’un système d’arrêt de chute

Un système d’arrêt de chute (équipement de protection individuelle contre les chutes de hauteur) est essentiellement composé de trois éléments indissociables : un harnais pour la préhension du corps, une liaison antichute (cordon d’assujettissement, absorbeur d’énergie, mousqueton, connecteur, câble, etc.) et un système d’ancrage.

Plus la distance de chute libre est grande, plus l’énergie de la chute est élevée et plus le choc est violent. La distance de chute libre est la distance parcourue lors d’une chute avant que le système d’arrêt de chute entre en action. Il est important de minimiser la distance de chute libre (au maximum 1,8 mètre selon le CSTC). Pour ce faire, l’utilisateur doit autant que possible accrocher son cordon d’assujettissement à un point d’ancrage situé au-dessus de ses épaules. Il réduit ainsi, en cas de chute, la force d’impact, les risques de contact avec un obstacle et la gravité des blessures, et facilite aussi les manœuvres de secours.

Les points d’ancrage ponctuels devraient être situés directement et au-dessus de l’utilisateur : « au-dessus » afin de réduire la distance de chute et « directement » afin de réduire au minimum les mouvements pendulaires. Le risque de chute avec oscillation pendulaire augmente en relation directe avec la distance horizontale entre le harnais de l’utilisateur et son point d’ancrage. C’est pour cette raison que les ancrages (sur un toit) ne doivent pas être espacés horizontalement de plus de 3 mètres (10 pieds) d’une ligne formant un angle droit avec la façade du bâtiment, appliquée dans l’axe de traction correspondant à la chute potentielle du travailleur. De plus, l’angle créé par le décalage ne doit pas dépasser 22 degrés.

LES 4 FACTEURS À PRENDRE EN CONSIDÉRATION LORS DU CALCUL DE LA DISTANCE D’ARRÊT DE CHUTE

1- Longueur de la longe, du harnais et du connecteur de l’ancrage
Pour un travailleur non formé, une longueur de longe de 6 pieds peut sembler suffisante lors d’un travail en hauteur de 10 ou 12 pieds. Il faut cependant ajouter la longueur du harnais ainsi que la longueur des connecteurs à l’ancrage. Un ancrage fixe est facile à calculer car la seule distance à ajouter est la longueur de l’anneau. Par contre, lorsque l’ancrage fait partie d’une ligne de vie horizontale, le calcul devient plus complexe. Les lignes de vie horizontales ne sont pas tendues dans leur conception initiale et peuvent s'étirer lors d’une chute. Cet affaissement doit être pris en compte dans le calcul. Calculer l’affaissement peut être aussi simple que de tendre la corde pour calculer la distance, mais déterminer l’affaissement durant une chute est plus complexe. La force placée sur la ligne de vie tirera la ligne plus loin que ce que vous pouvez mesurer en tendant la ligne. En moyenne, il faut calculer environ 3% de la longueur totale d’une ligne tendue à 15% de la longueur d’une ligne de vie utilisant un système d’absorption des chocs. L’idéal est qu’un ingénieur calcule l’affaissement lors d’une chute en fonction du nombre maximal de personnes attachées à la ligne de vie. 

2- La distance de décélération
On oublie souvent le dispositif de ralentissement. Lorsque celui-ci est déployé, cela ajoute 3,5 pieds supplémentaires à la longueur de la longe. De plus, le harnais peut s’étirer de façon à ce que le point d’ancrage se déplace plus haut que la tête durant la chute. Dans cet exemple, la distance à considérer ne sera pas de 6 pieds, mais bien de 10,5 pieds.

3- Taille de la personne
Bien que simple, cette donnée est souvent oubliée lors du calcul de la distance d’arrêt. Il est nécessaire de prendre en compte la taille du travailleur sous l’anneau d’ancrage. Un système antichute qui arrête le travailleur à 12 pieds n’est pas efficace lorsque le niveau le plus bas est à 14 pieds, à moins que le travailleur ne mesure moins de deux pieds, ce qui est fort improbable! En moyenne, on doit ajouter au moins 5 pieds au calcul pour prendre en compte la taille de la personne. 

4- Le facteur de sécurité
 
La section 8 de la norme CSA Z259.16-04 : Conception des actifs de protection contre les chutes donne les balises nécessaires à l’évaluation du dégagement requis en dessous de l’utilisateur d’un système d’ancrage pour la protection contre les chutes. Dans la plupart des cas, le dégagement minimal requis pour l’utilisation d’un harnais comme moyen de prévention contre les chutes doit être supérieur à 4,5 mètres (15 pieds).

 

Calcul de la distance d’arrêt nécessaire

(mesurée à partir d’un point d’ancrage rigide)

Étape 1 :
Calculer la distance de chute libre (DCL)
DCL = Longueur de la longe (L) + Hauteur de l’anneau dorsal (B) – Hauteur de l’ancrage (C)

Étape 2 :
Calculer la distance de chute totale (DCT)
DCT = DCL (distance de chute libre) + Déploiement de l’absorbeur d’énergie (EAC) + Glissement de l’anneau dorsal (DS)

Étape 3 :
Calculer le dégagement minimal requis (DR)
DR = DCT (distance de chute totale) + distance de sécurité (E) + hauteur entre les pieds et l’anneau (HF)

Étape 4 :
Ajouter un facteur de sécurité avant l’obstruction.

 
Source : http://www.cnesst.gouv.qc.ca

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